UN COURANT LITTÉRAIRE, C’EST QUOI?
01 Un courant littéraire regroupe des
02 principes, des idées et une vision commune du
03 monde et de la littérature. Les auteurs faisant
04 partie d’un même courant littéraire partagent
05 souvent une même vision esthétique et
06 idéologique de l’écriture. L'œuvre d'un auteur
07 peut donc ressembler, à celle d'un autre, tout en
08 préservant des traits spécifiques au style de
09 l’auteur.
10 Un courant peut découler d'un autre, mais
11 de manière générale, un courant naît en
12 opposition à un autre qui le précède. De plus, les
13 courants littéraires n'apparaissent pas dans un
14 seul pays ou une seule région. Souvent, ils se
15 répandent sur un continent ou sur plusieurs. La
16 plupart du temps, un courant traverse tous les
17 arts à la fois. En voici les principaux:
18 L'humanisme (1530 - 1570) - Le mouvement
19 humaniste en littérature met de l’avant l’être
20 humain (l’éducation, la philosophie antique, la
21 suprématie de l’homme sur la nature) plutôt que
22 les valeurs religieuses.
23 La pléiade (1549 - 1570) - Le nom de ce courant
24 provient de la constellation du même nom qui
25 regroupe sept étoiles. Ainsi, le courant est formé
26 de sept poètes, en mutation, qui accordent une
27 grande importance à la musicalité de la langue
28 dans leur écriture. On dit même d’eux qu’ils sont
29 les « serviteurs de la beauté ».
30 Le baroque (1570 - 1650) Le nom baroque
31 provient de la langue portugaise et signifie «
32 perle irrégulière ». En effet, durant cette
33 période, le monde est en plein changement. Les
34 écrivains accordent alors une importance à
35 l’illusion, la métamorphose, le désordre (voire le
36 chaos), la complexité, l’instabilité, le bizarre.
37 Le classicisme (1650 - 1700) - Le classicisme
38 propose un idéal esthétique et humain. Les
39 auteurs ont un certain goût pour l’analyse, la
40 morale, l’éternité de l’homme, le dépassement
41 de l’individu, la beauté, les vérités universelles,
42 le désir de plaire, la bienséance, la
43 vraisemblance, la simplicité, l’ordre, l’équilibre.
44 Les lumières (1720 - 1770) - Ce mouvement, lié
45 au siècle des Lumières , met l’accent sur
46 la raison dans le but d’amener l’homme vers le
47 bonheur et le savoir, au détriment des préjugés,
48 des dogmes religieux et de l’intolérance. Ainsi,
49 les auteurs prônent le progrès, l'acquisition de
50 connaissances, l'esprit rationnel (observation,
51 expérience, examen), la science, la tolérance, la
52 liberté.
53 Le romantisme (1820 - 1850) - Le courant du
54 romantisme naît en opposition au courant des
55 Lumières et du classicisme. Il remet en question
56 les règles, le goût ainsi que le beau et met
57 l’accent sur le « moi », la sensibilité, l’infini, la
58 religion, le passé, la mélancolie, le mal de vivre,
59 les passions, les sentiments intimes, les
60 sentiments amoureux, le rêve, le désir d’évasion.
61 Les récits sont souvent racontés à la première
62 personne.
63 Le réalisme (1830 - 1890) - Le réalisme s’oppose
64 au romantisme. Les auteurs s’inscrivant dans ce
65 courant veulent faire de la littérature un reflet
66 de la société. Ils limitent donc le plus possible la
67 différence entre l'histoire qu'ils racontent et la
68 réalité. Ils mettent l’accent sur l’importance des
69 classes moyennes, ouvrières et bourgeoises, le
70 déclin de la noblesse ainsi que le contexte social
71 et historique. Les auteurs font aussi référence à
72 certaines connaissances scientifiques.
73 Le naturalisme (1830 - 1890) - Le naturalisme
74 est un courant littéraire qui a été grandement
75 influencé par la science, la médecine
76 expérimentale et la psychiatrie, qui en était à ses
77 débuts. L’écriture est donc plus réaliste. Les
78 auteurs se servent de leur roman pour
79 expérimenter ce qui détermine un individu ou
80 un groupe socialement et biologiquement. La
81 psychologie des personnages est donc très
82 importante.
83 Le symbolisme (1857 - 1900) - Ce courant est né
84 en opposition au naturalisme. Les auteurs
85 préconisent les sensations, la mythologie, les
86 légendes médiévales, les textes bibliques, les
87 révélations. Ils suggèrent subjectivement les
88 choses qu’ils ne nomment pas.
89 Le parnasse (1866 - 1876) - Le Parnasse naît en
90 réaction au romantisme. En effet, les auteurs
91 s’inscrivant dans ce courant considèrent les
92 épanchements romantiques comme étant
93 excessifs. Ils traitent l’écriture comme une
94 peinture en harmonisant les couleurs et les
95 effets stylistiques. Les œuvres doivent
96 absolument faire montre de beauté, c’est « l’art
97 pour l’art »! La description, la nature,
98 l’archéologie et l’Antiquité jouent un rôle
99 important.
100 Le dadaïsme (1916 - 1923) - Ayant existé
101 pendant la Première Guerre mondiale, le
102 dadaïsme a anéanti toutes conventions
103 idéologiques et esthétiques. Les auteurs ont
104 rejeté la raison, la logique, les conventions et les
105 traditions. Cette façon de faire s’est répétée par
106 la suite dans l’histoire littéraire. Les dadaïstes se
107 voulaient très engagés politiquement,
108 irrespectueux, méprisants, provocateurs et
109 extravagants. Ils recherchaient la liberté
110 d’expression à tout prix et avaient pour but de
111 faire réfléchir les lecteurs sur la société.
112 Le surréalisme (1920 - 1940) Né au sortir de la
113 Première Guerre mondiale, le surréalisme
114 découle du dadaïsme. Les auteurs repoussent les
115 limites de la création en se servant de l’art pour
116 des fins libératrices, révolutionnaires et
117 politiques. Ils s’opposent vertement au
118 rationalisme. Ils explorent les thèmes de la
119 révolte, de l’urbanité, des rencontres insolites,
120 des rêves, de l’imagination, des femmes, de
121 l’amour fou, de l’inconscient, du hasard.
122 L'absurde (1938-1960) - Issu de l’existentialisme
123 en philosophie, les auteurs de ce courant
124 abordent surtout l’absurdité de la condition
125 humaine, l'incohérence, la répétition,
126 l’étrangeté, la solitude, le non-sens, l’inconscient
127 et l’insignifiance. Ils refusent le réalisme, la
128 psychologie et les structures traditionnelles de
129 l'art.
130 Le nouveau roman (1950-1970) - Après
131 la Seconde Guerre mondiale, les auteurs étaient
132 désillusionnés par l’homme et ses capacités
133 destructrices. C’est pourquoi ils refusèrent toutes
134 règles, principes, visions, que la littérature avait
135 explorés jusque-là. Certains ont remis en question,
136 voire supprimé, la notion de personnage. Ainsi,
137 leurs personnages n’avaient pas de nom, étaient
138 désignés par une lettre ou par un pronom
139 personnel. Dans d'autres cas, c'est la chronologie
140 des évènements qui a été abolie. Le nouveau
141 roman met l’accent sur les procédés de narration,
142 les descriptions, la précision, les monologues
143 intérieurs, les lieux, les objets.
144 Pour conclure , nous ne pouvons pas
145 définir avec précision le nom du mouvement
146 littéraire dans lequel nous sommes actuellement
147 car seul le temps nous le dira. Il faut garder en
148 mémoire que notre culture change
149 constamment et nous sommes dans une
150 révolution numérique impressionnante. Ce qui
151 est vrai actuellement ne le sera peut-être plus
152 dans un an ou deux. Néanmoins nous pouvons
153 remarquer certaines tendances et style
154 récurrents dans la littérature contemporaine.
155 On y trouve le fantastique, l’imaginaire, le
156 merveilleux noir, la science fiction, les surprises
157 par le recours aux mythes, à l’exotisme et aux
158 voyages mais aussi une influence médiévale et la
159 psychanalyse. On préfère donc parler de
160 « littérature transfictionnelle » ou
161 « Transfiction ». La confusion des genres surtout
162 entre poésie, roman et nouvelle, le mélange du
163 réel, de l’univers des rêves et de l’imaginaire,
164 l’exploration des ressources de la psychanalyse
165 et l’exploration de différentes formes d’écriture
166 sont admis, accordant à l’écrivain une grande
167 liberté.
D’après l’organisation textuelle, l’on peut dire que les/le/la